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  • Budget 2026 d’Achères : quand les chiffres passe avant les habitants…

    Budget 2026 d’Achères : quand les chiffres passe avant les habitants…

    Quand on reçoit les documents budgétaires d’une commune, on pourrait croire qu’il s’agit d’un exercice purement comptable (des colonnes de chiffres, des tableaux, des pourcentages). Mais un budget, c’est d’abord un révélateur. Il dit ce qu’une majorité choisit de faire, et ce qu’elle choisit de ne pas faire. Il dit à qui elle pense, et à qui elle ne pense pas.

    En étudiant le budget 2026 de la ville d’Achères, quelque chose a immédiatement attiré mon attention : la masse salariale n’augmente que de 1,04%. Le document le précise lui-même, sans détour, dans une note : cette hausse est inférieure à l’inflation.

    Ce que ce chiffre signifie concrètement:
    On pourra nous expliquer les mécanismes techniques. Les départs en retraite remplacés par des agents plus jeunes, moins avancés dans les grilles salariales. Les effets du GVT (le glissement vieillesse technicité), qui explique l’évolution automatique des salaires avec l’ancienneté. Ces réalités comptables, nous les connaissons et nous ne les nions pas. Mais dans le même budget, la ville prévoit l’embauche de trois personnels encadrants, donc positionnés dans les grilles hautes de rémunération. Et malgré ces recrutements, la masse salariale globale reste sous l’inflation.

    La conclusion s’impose d’elle-même : les agents municipaux d’Achères ne verront pas leur salaire évoluer au rythme de la vie réelle cette année.

    Ce n’est pas un détail de gestion. C’est un choix politique.

    Et ce choix intervient dans un contexte particulier. Avec la guerre en cours et les tensions sur le détroit d’Ormuz, le prix de l’énergie repart à la hausse. L’inflation sur les biens essentiels (alimentation, carburant, chauffage) est déjà là et va s’accentuer. Les agents municipaux, comme tous les salariés modestes, la ressentent dans leur quotidien. Le Maire, lui, choisit de maintenir l’augmentation des salaires sous l’inflation.

    Ce qui rend ce choix encore plus difficile à comprendre, c’est que les caisses ne sont pas vides. Le résultat global de la commune s’élève à 4,4 millions d’euros en 2025. C’est un excédent de fonctionnement significatif, qui témoigne d’une gestion saine (personne ne le conteste).

    Mais une bonne gestion ne se mesure pas seulement à l’équilibre des comptes. Elle se mesure aussi à ce qu’on fait de la marge de manœuvre disponible.

    Achères est une commune jeune (40% de sa population a moins de 30 ans). C’est une commune populaire (le taux de pauvreté y est de 14%, et 39% des ménages ne sont pas imposables, selon les chiffres de l’INSEE). Dans ce contexte, un excédent de 4,4 millions d’euros n’est pas un trophée à conserver. C’est une ressource qui devrait servir à renforcer les services publics là où les besoins sont les plus criants.

    En échangeant avec des Achérois·es, lors de nos permanences et de nos barnums de quartier, une réalité revient souvent : beaucoup de personnels municipaux (notamment ceux qui travaillent auprès des enfants et des jeunes) sont des contractuels. Pas des titulaires de la fonction publique territoriale, mais des agents en contrats précaires, renouvelés d’année en année, parfois depuis plusieurs années, sur des postes pourtant permanents.

    La titularisation dans la fonction publique est un parcours long et complexe. Beaucoup d’agents attendent depuis des années sans visibilité sur leur avenir professionnel. Cette précarité a des conséquences directes : un turn-over important, une difficulté à fidéliser des personnels compétents et expérimentés, et une instabilité qui finit par se ressentir dans la qualité des services rendus aux habitants.

    Un agent titularisé, c’est un agent qui peut se projeter dans son travail, s’investir dans la durée, construire une relation de confiance avec les familles et les enfants dont il s’occupe.
    Un agent en contrat précaire, c’est un agent qui cherche une autre opportunité dès que possible, et qui repart dès qu’il la trouve.

    La question que nous avons posée au maire est simple : en quoi titulariser ces agents rendrait-il le budget moins équilibré ? Le coût d’un titulaire n’est pas fondamentalement différent de celui d’un contractuel sur un poste permanent. En revanche, les bénéfices, pour l’agent, pour les enfants, pour les familles, sont considérables.

    Lors de nos échanges avec les habitant·es, un autre sujet revient avec insistance : le manque d’encadrement des jeunes après l’école. Pas seulement les tout-petits mais les adolescents aussi. Des familles qui ne trouvent pas de place au centre de loisirs le mercredi. Des jeunes qui se retrouvent sans activité encadrée après les cours. Des parents qui travaillent et ne peuvent pas assurer la présence à la maison.

    C’est un besoin réel et répété. Et c’est précisément le type de secteur où des embauches ciblées, financées par une partie de l’excédent de fonctionnement, feraient une différence immédiate dans la vie des Achérois·es.
    La réponse du maire lors du conseil municipal est que son budget est parfaitement équilibré.

    Oui. Les chiffres s’équilibrent. Mais les vies des agents municipaux, elles, ne suivent pas l’inflation.

    Les familles qui cherchent une place au centre de loisirs, elles, ne trouvent pas toujours. Les contractuels qui occupent des postes permanents depuis des années, eux, attendent toujours leur titularisation.
    Un budget peut être à l’équilibre et passer à côté de l’essentiel.

    Ce qui distingue notre vision:
    Pour la France Insoumise, un budget municipal n’est pas une fin en soi. C’est un outil. Et l’outil doit servir les habitants, en commençant par les plus vulnérables, les enfants, les familles modestes, les agents qui font tourner les services publics au quotidien.

    Bien sûr, le budget doit rester à l’équilibre. Nous ne demandons pas de dépenser sans compter. Nous demandons de dépenser avec des priorités claires : stabiliser les emplois, revaloriser ceux qui servent directement les Achérois·es, et répondre aux besoins concrets des familles plutôt qu’à l’objectif abstrait d’un excédent le plus élevé possible.

    Un excédent de 4,4 millions d’euros dans une commune où 14% de la population vit sous le seuil de pauvreté, ce n’est pas une fierté de gestion. C’est une question politique : à quoi sert cet argent, et pour qui ?

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